« Dans mon HLM »
Title
« Dans mon HLM »
Description
La chanson « Dans mon HLM, » écrite et chantée par Renaud, décrit étage par étage les habitants de l’immeuble où Renaud vit. Une HLM, ou une habitation à loyer modérée, est un immeuble qui contient beaucoup de petits appartements pas très chers. Dans lae chanson, Renaud décrit un vigile raciste et misogyne au rez-de-chaussée, un cadre triste au premier étage, « une bande d’allumés » au deuxième étage, une « connasse » matérialiste au troisième étage, et un communiste qui fait du graffiti au quatrième étage. Il y a aussi « un nouveau romantique, / un ancien combattant, / un loubard, et un flic, » et finalement au huitième étage, la petite amie de Renaud.
Renaud a sorti « Dans mon HLM » en 1980 dans son album intitulé Marche à l’ombre. Ça faisait plus d’une décennie que le mouvement de mai 68 a lieu, mais chez Renaud, et aussi chez beaucoup de Français, l’esprit de ce mouvement a persisté parce que les deux présidents qui ont été élus depuis les manifestations, Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing, n’ont pas réalisé beaucoup de changements que les manifestants avaient voulus. Il y avaient aussi pendant cette période beaucoup de chômage et l’arrivée en France de beaucoup d’immigrés. Tous ces facteurs ont contribué à rendre mécontent beaucoup de Français, et c’est facile de voir cette attitude dans la chanson.
Dans le premier couplet de la chanson, Renaud décrit avec plusieurs types d’humour l’ « espèce de barbouze » qui habitent au rez-de-chaussée. D’abord, il utilise l’exagération quand il dit que le vigile « tire sur tout c’qui bouge. » Il est évident que le vigile ne tire pas sur toutes les personnes qui entrent dans l’immeuble ou qui passent devant, mais cette phrase communique aux auditeurs que l’homme est trop zélé et peut-être aussi un peu méchant. À la prochaine phrase, on apprend que l’homme tire sur quelque chose « surtout si c’est bronzé, » indiquant que le vigile est raciste et n’aime pas les immigrés des pays africains. Cette image souligne satiriquement les attitudes racistes et xénophobes de beaucoup de Français qui persistent même aujourd’hui, et Renaud ridiculise ces attitudes en décrivant l’idée de tirer sur tous les gens qui ont un peau plus foncé seulement à cause de cette différence.
Puis, dans le deuxième vers, Renaud fait une satire générale de la société française en montrant l’example du « cadre dynamique » au premier étage qui a « payé vingt briques / son deux-pièces-plus-loggia » et qui « en a chié vingt ans / pour en arriver là. » Évidemment, cet homme a travaillé très dur pour avoir la capacité d’acheter l’appartement le plus cher dans cet immeuble. Mais Renaud met son succès financier en contraste avec ses désirs actuels. Renaud dit que le cadre « parle de s’casser » mais « y peut pas » parce qu’il « lui reste à payer / le lave-vaisselle, la télé, / et la sciure pour ses chats », et le chanteur finit le vers en disant « c’est vous dire s’il est triste ! » Alors, avec ce portrait du cadre, Renaud montre le mécontentement des Français typiques à cette période. Il fait aussi une satire de la société qui inspire aux gens le rêve de pouvoir acheter un de ces appartements décevants dans un HLM « blême » et aussi du gouvernement qui ne fournit pas de meilleures opportunités aux Français comme le cadre.
Parlant du policier au sixième couplet, Renaud revient au sarcasme pour illustrer la tristesse de la vie dans son HLM. Il dit que le policier « fait chaque jour son jogging / avec son berger all’mand, / de la cave au parking, » mais quand on construit une image de ce qu’il décrit, on se rend compte que cette scène est un peu incongrue : « de la cave au parking » est une très courte distance, alors l’acte de faire du jogging sur une si courte distance ne fournit pas des grands avantages. Renaud se moque de ça dans le prochaine phrase en disant, avec beaucoup de sarcasme, « c’est vach’ment enrichissant. » Ce sarcasme sert à faire comprendre aux auditeurs que le policier essaye de faire de l’exercise et d’améliorer sa vie, mais comme toutes les autres choses dans le HLM, rien ne s’améliore et les habitants sont coincés là.
Finalement, Renaud finit la chanson en disant que chaque jour, « on s’quitte en y croyant / c’est vous dire si on rêve » pour revenir au thème des habitants coincés dans le HLM. Personne n’aime pas vraiment vivre dans le HLM parce que l’immeuble a beaucoup de problèmes, mais ils peuvent espérer d’avoir l’opportunité de déménager dans une plus jolie résidence. Malheureusement pour la plupart des habitants, ils ne vont pas avoir cette opportunité à cause du grand chômage en France aux années 80. À travers le chanson, Renaud évoque beaucoup d’autres thèmes problématiques de la société française de cette période, notamment le racisme, la misogynie, la dépendance, et la délinquance. Malgré la gravité de tous ces problèmes, le ton de la chanson est assez joyeux parce que Renaud utilise l’humour pour parler légèrement de ces sujets. Employant le sarcasme, l’exagération, les jeux de mots, et d’autres types d’humour, Renaud fait une grande satire de la France dans les années 80.
Renaud a sorti « Dans mon HLM » en 1980 dans son album intitulé Marche à l’ombre. Ça faisait plus d’une décennie que le mouvement de mai 68 a lieu, mais chez Renaud, et aussi chez beaucoup de Français, l’esprit de ce mouvement a persisté parce que les deux présidents qui ont été élus depuis les manifestations, Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing, n’ont pas réalisé beaucoup de changements que les manifestants avaient voulus. Il y avaient aussi pendant cette période beaucoup de chômage et l’arrivée en France de beaucoup d’immigrés. Tous ces facteurs ont contribué à rendre mécontent beaucoup de Français, et c’est facile de voir cette attitude dans la chanson.
Dans le premier couplet de la chanson, Renaud décrit avec plusieurs types d’humour l’ « espèce de barbouze » qui habitent au rez-de-chaussée. D’abord, il utilise l’exagération quand il dit que le vigile « tire sur tout c’qui bouge. » Il est évident que le vigile ne tire pas sur toutes les personnes qui entrent dans l’immeuble ou qui passent devant, mais cette phrase communique aux auditeurs que l’homme est trop zélé et peut-être aussi un peu méchant. À la prochaine phrase, on apprend que l’homme tire sur quelque chose « surtout si c’est bronzé, » indiquant que le vigile est raciste et n’aime pas les immigrés des pays africains. Cette image souligne satiriquement les attitudes racistes et xénophobes de beaucoup de Français qui persistent même aujourd’hui, et Renaud ridiculise ces attitudes en décrivant l’idée de tirer sur tous les gens qui ont un peau plus foncé seulement à cause de cette différence.
Puis, dans le deuxième vers, Renaud fait une satire générale de la société française en montrant l’example du « cadre dynamique » au premier étage qui a « payé vingt briques / son deux-pièces-plus-loggia » et qui « en a chié vingt ans / pour en arriver là. » Évidemment, cet homme a travaillé très dur pour avoir la capacité d’acheter l’appartement le plus cher dans cet immeuble. Mais Renaud met son succès financier en contraste avec ses désirs actuels. Renaud dit que le cadre « parle de s’casser » mais « y peut pas » parce qu’il « lui reste à payer / le lave-vaisselle, la télé, / et la sciure pour ses chats », et le chanteur finit le vers en disant « c’est vous dire s’il est triste ! » Alors, avec ce portrait du cadre, Renaud montre le mécontentement des Français typiques à cette période. Il fait aussi une satire de la société qui inspire aux gens le rêve de pouvoir acheter un de ces appartements décevants dans un HLM « blême » et aussi du gouvernement qui ne fournit pas de meilleures opportunités aux Français comme le cadre.
Parlant du policier au sixième couplet, Renaud revient au sarcasme pour illustrer la tristesse de la vie dans son HLM. Il dit que le policier « fait chaque jour son jogging / avec son berger all’mand, / de la cave au parking, » mais quand on construit une image de ce qu’il décrit, on se rend compte que cette scène est un peu incongrue : « de la cave au parking » est une très courte distance, alors l’acte de faire du jogging sur une si courte distance ne fournit pas des grands avantages. Renaud se moque de ça dans le prochaine phrase en disant, avec beaucoup de sarcasme, « c’est vach’ment enrichissant. » Ce sarcasme sert à faire comprendre aux auditeurs que le policier essaye de faire de l’exercise et d’améliorer sa vie, mais comme toutes les autres choses dans le HLM, rien ne s’améliore et les habitants sont coincés là.
Finalement, Renaud finit la chanson en disant que chaque jour, « on s’quitte en y croyant / c’est vous dire si on rêve » pour revenir au thème des habitants coincés dans le HLM. Personne n’aime pas vraiment vivre dans le HLM parce que l’immeuble a beaucoup de problèmes, mais ils peuvent espérer d’avoir l’opportunité de déménager dans une plus jolie résidence. Malheureusement pour la plupart des habitants, ils ne vont pas avoir cette opportunité à cause du grand chômage en France aux années 80. À travers le chanson, Renaud évoque beaucoup d’autres thèmes problématiques de la société française de cette période, notamment le racisme, la misogynie, la dépendance, et la délinquance. Malgré la gravité de tous ces problèmes, le ton de la chanson est assez joyeux parce que Renaud utilise l’humour pour parler légèrement de ces sujets. Employant le sarcasme, l’exagération, les jeux de mots, et d’autres types d’humour, Renaud fait une grande satire de la France dans les années 80.
Creator
Renaud
Source
Marche à l'ombre
Date
1980
Duration
6:27
Transcription
Au rez-d'-chaussée, dans mon HLM
Y'a une espèce de barbouze
Qui surveille les entrées,
Qui tire sur tout c' qui bouge,
Surtout si c'est bronzé,
Passe ses nuits dans les caves
Avec son Beretta,
Traque les mômes qui chouravent
Le pinard aux bourgeois.
Y s' recrée l'Indochine
Dans sa p'tite vie d' peigne cul.
Sa femme sort pas d' la cuisine,
Sinon y cogne dessus.
Il est tellement givré
Que même dans la Légion
Z'ont fini par le j'ter,
C'est vous dire s'il est con !
Putain c' qu'il est blême, mon HLM !
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime !
Au premier, dans mon HLM,
Y'a l' jeune cadre dynamique,
Costard en alpaga,
C'ui qu'a payé vingt briques
Son deux pièces plus loggia.
Il en a chié vingt ans
Pour en arriver là,
Maintenant il est content
Mais y parle de s' casser.
Toute façon, y peut pas,
Y lui reste à payer
Le lave vaisselle, la télé,
Et la sciure pour ses chats,
Parc' que naturellement
C' bon contribuable centriste,
Il aime pas les enfants,
C'est vous dire s'il est triste !
Putain c' qu'il est blême, mon HLM !
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime !
Au deuxième, dans mon HLM,
Y'a une bande d'allumés
Qui vivent à six ou huit
Dans soixante mètres carrés,
Y'a tout l' temps d' la musique.
Des anciens d' soixante-huit,
Y'en a un qu'est chômeur
Y'en a un qu'est instite
Y'en a une, c'est ma soeur.
Y vivent comme ça, relax
Y'a des mat'lats par terre,
Les voisins sont furax;
Y font un boucan d'enfer,
Y payent jamais leur loyer,
Quand les huissiers déboulent
Y écrivent à Libé,
C'est vous dire s'ils sont cools !
Putain, c' qu'il est blême, mon HLM !
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime !
Au troisième, dans mon HLM;
Y'a l'espèce de connasse,
Celle qui bosse dans la pub',
L'hiver à Avoriaz,
Le mois d' juillet au Club.
Comme toutes les décolorées,
Elle a sa Mini-Cooper,
Elle allume tout l' quartier
Quand elle sort son cocker.
Aux manifs de gonzesses,
Elle est au premier rang,
Mais elle veut pas d'enfants
Parc' que ça fait vieillir,
Ca ramollit les fesses
Et pi ça fout des rides,
Elle l'a lu dans l'Express,
C'est vous dire si elle lit !
Putain c' qu'il est blême, mon HLM !
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime !
Au quatrième, dans mon HLM,
Y'a celui qu' les voisins
Appellent " le communiste ",
Même que ça lui plaît pas bien,
Y dit qu'il est trotskiste !
J'ai jamais bien pigé
La différence profonde,
Y pourrait m'expliquer
Mais ça prendrait des plombes.
Depuis sa pétition,
Y'a trois ans pour l' Chili,
Tout l'immeuble le soupçonne
A chaque nouveau graffiti,
N'empêche que, Mort aux cons
Dans la cage d'escalier,
C'est moi qui l'ai marqué,
C'est vous dire si j'ai raison
Putain c' qu'il est blême, mon HLM
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime
Pi y'a aussi, dans mon HLM,
Un nouveau romantique,
Un ancien combattant,
Un loubard, et un flic
Qui s' balade en survêtement
Y fait chaque jour son jogging
Avec son berger allemand,
De la cave au parking,
C'est vachement enrichissant.
Quand j'en ai marre d' ces braves gens
J' fais un saut au huitième
Pour construire un moment
Avec ma copine Germaine,
Un monde rempli d'enfants.
Et quand l' jour se lève
On s' quitte en y croyant,
C'est vous dire si on rêve
Putain c' qu'il est blême, mon HLM
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime
Y'a une espèce de barbouze
Qui surveille les entrées,
Qui tire sur tout c' qui bouge,
Surtout si c'est bronzé,
Passe ses nuits dans les caves
Avec son Beretta,
Traque les mômes qui chouravent
Le pinard aux bourgeois.
Y s' recrée l'Indochine
Dans sa p'tite vie d' peigne cul.
Sa femme sort pas d' la cuisine,
Sinon y cogne dessus.
Il est tellement givré
Que même dans la Légion
Z'ont fini par le j'ter,
C'est vous dire s'il est con !
Putain c' qu'il est blême, mon HLM !
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime !
Au premier, dans mon HLM,
Y'a l' jeune cadre dynamique,
Costard en alpaga,
C'ui qu'a payé vingt briques
Son deux pièces plus loggia.
Il en a chié vingt ans
Pour en arriver là,
Maintenant il est content
Mais y parle de s' casser.
Toute façon, y peut pas,
Y lui reste à payer
Le lave vaisselle, la télé,
Et la sciure pour ses chats,
Parc' que naturellement
C' bon contribuable centriste,
Il aime pas les enfants,
C'est vous dire s'il est triste !
Putain c' qu'il est blême, mon HLM !
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime !
Au deuxième, dans mon HLM,
Y'a une bande d'allumés
Qui vivent à six ou huit
Dans soixante mètres carrés,
Y'a tout l' temps d' la musique.
Des anciens d' soixante-huit,
Y'en a un qu'est chômeur
Y'en a un qu'est instite
Y'en a une, c'est ma soeur.
Y vivent comme ça, relax
Y'a des mat'lats par terre,
Les voisins sont furax;
Y font un boucan d'enfer,
Y payent jamais leur loyer,
Quand les huissiers déboulent
Y écrivent à Libé,
C'est vous dire s'ils sont cools !
Putain, c' qu'il est blême, mon HLM !
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime !
Au troisième, dans mon HLM;
Y'a l'espèce de connasse,
Celle qui bosse dans la pub',
L'hiver à Avoriaz,
Le mois d' juillet au Club.
Comme toutes les décolorées,
Elle a sa Mini-Cooper,
Elle allume tout l' quartier
Quand elle sort son cocker.
Aux manifs de gonzesses,
Elle est au premier rang,
Mais elle veut pas d'enfants
Parc' que ça fait vieillir,
Ca ramollit les fesses
Et pi ça fout des rides,
Elle l'a lu dans l'Express,
C'est vous dire si elle lit !
Putain c' qu'il est blême, mon HLM !
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime !
Au quatrième, dans mon HLM,
Y'a celui qu' les voisins
Appellent " le communiste ",
Même que ça lui plaît pas bien,
Y dit qu'il est trotskiste !
J'ai jamais bien pigé
La différence profonde,
Y pourrait m'expliquer
Mais ça prendrait des plombes.
Depuis sa pétition,
Y'a trois ans pour l' Chili,
Tout l'immeuble le soupçonne
A chaque nouveau graffiti,
N'empêche que, Mort aux cons
Dans la cage d'escalier,
C'est moi qui l'ai marqué,
C'est vous dire si j'ai raison
Putain c' qu'il est blême, mon HLM
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime
Pi y'a aussi, dans mon HLM,
Un nouveau romantique,
Un ancien combattant,
Un loubard, et un flic
Qui s' balade en survêtement
Y fait chaque jour son jogging
Avec son berger allemand,
De la cave au parking,
C'est vachement enrichissant.
Quand j'en ai marre d' ces braves gens
J' fais un saut au huitième
Pour construire un moment
Avec ma copine Germaine,
Un monde rempli d'enfants.
Et quand l' jour se lève
On s' quitte en y croyant,
C'est vous dire si on rêve
Putain c' qu'il est blême, mon HLM
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime
URL
https://youtu.be/HdmgQ0F-cFM
Collection
Citation
Renaud, “« Dans mon HLM »,” French contemporaine et humour (1939-2016), accessed April 24, 2026, https://frenchhumor.fren.sites.carleton.edu/items/show/24.
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