Extrait stand-up de Gad Elmaleh
Title
Extrait stand-up de Gad Elmaleh
Description
Un clip stand-up de comédien Gad Elmaleh. Il discute le plan Vigipirate et les mesures contre le terrorisme en France.
Une critique des mesures anti-terroristes en France dans le stand-up de Gad Elmaleh.
Dans un de ses stand-up, le comédien très célèbre Gad Elmaleh discute terrorisme et des mesures de sécurité mises en place par l’Hexagone. Elmaleh se moque de plusieurs sujets pendant ses spectacles et ils sont quelques fois scabreux. Dans le spectacle choisi qui s’appelle L’autre c’est moi, Elmaleh se penche surtout sur des choses quotidiennes qu’on rarement analyse. Dans le clip choisi, Elmaleh fait par exemple un commentaire sur un petit détail qu’il a remarqué dans un train. L’absurdité, les jeux de mot, le sarcasme et style du comédien se mélangent afin de critiquer les efforts du gouvernement français pour combattre le terrorisme. Pour comprendre cette blague, il faut connaître le plan gouvernemental dont il se moque.
L’origine du plan gouvernemental Vigipirate en France remonte à l’administration du Président Valéry Giscard d’Estaing en 1978 quand la France et l’Europe étaient confrontées aux menaces des organisations terroristes. Le plan a établi « un dispositif centralisé d’alerte permettant la mise en garde rapide au niveau local des autorités administratives, des chefs d’établissements publics et privés, ainsi que l’application par ceux-ci de mesures de vigilance appropriées. » Aujourd’hui, il y a deux niveaux : Vigilance et Alerte Attentat. Les mesures quotidiennes de niveau Vigilance se trouvent dans les lieux publics très fréquentés, dans les transports et les sites institutionnels. Ces mesures ne sont pas aussi visibles que celles du deuxième niveau. Depuis les attentats bouleversants du 13 novembre 2015, la France est sous le niveau Alerte Attentat.
Elmaleh critique le plan Vigipirate et surtout les mesures prises par le gouvernement français pour lutter contre le terrorisme en France. La diction des lignes est une nuance importante dans ce clip. Il utilise un ton sarcastique et des gestes pour ajouter des couches de sarcasme. Ces couches se mélangent afin de faire rire le public même s’il parle d’un sujet extrêmement violent et effrayant. Évident dans cette partie du spectacle où il se moque du mot Vigipirate, le rire est un outil pour mettre à l’aise le public tout en discutant de sujets sérieux.
Il est important de noter que le public sait qu’il regard un spectacle comique. Au début de cette blague, Elmaleh a l’air sérieux. « Bref, non dans le train il y a eu des problèmes aussi. Alors ils ont pris de mesures de sécurité : Vigipirate, tout ça. » A ce moment-là, les spectateurs ne rient pas, ils sont silencieux. Le manque d’humour dans ses premières paroles signifie une connaissance générale des menaces et des problèmes dont il parle. Un groupe armé qui s’appelait « AZF » a menacé d’attentats ciblant la SNCF à partir de décembre 2003 et les attentats terroristes du 11 septembre 2001 étaient toujours récents ainsi les soucis étaient dans les têtes des spectateurs. Selon les théories d’Henri Bergson qui a observé que le rire s’accompagne toujours d’une insensibilité, on peut dire que le public ne rit pas, parce qu’il a des émotions autour des inquiétudes du terrorisme. Avec les émotions, Elmaleh n’utilise aucunes méthodes pour susciter le rire mettent en avant par John Morreal : l’incongruité, l’absurdité et le soulagement. Cependant le silence ne reste pas longtemps car Elmaleh commence à se moquer du mot « Vigipirate. »
Avec des grands gestes et un ton de supériorité, Elmaleh se focalise sur la partie « pirate » du mot Vigipirate. En ricanant il dit « J’imagine un mec… » et il fait des gestes d’épée comme s’il était un pirate. Le silence n’existe plus grâce à l’absurdité. Le plan Vigipirate n’a aucune semblance aux pirates donc la comparaison entre un pirate et le plan Vigipirate est absurde même si les deux mots partagent un suffixe. En se moquant du nom du plan, la critique des mesures contre le terrorisme faites par le gouvernement français commence doucement.
Puis, au ton sérieux, Elmaleh dit « ils ont fait des nouveaux trucs, mesures de sécurité…quand tu prends le TGV, là où tu mettais tes bagages avant, maintenant il y a du Scotch. » Elmaleh utilise le sarcasme et l’incongruité dans cette partie de la blague. La phrase paraît sérieuse jusqu’au mot « Scotch. » La phrase devient sarcastique avec le mot « Scotch » car le public sait désormais que les « nouveaux trucs » dont Elmaleh parle ne sont pas menaçant pour les terroristes. Elmaleh reconnaît l’absurdité des « mesures de sécurité » dont il parle en disant « en France on va combattre le terrorisme avec du scotch. » Tandis qu’il parle dans une manière sérieuse, l’absurdité du « Scotch » donne au public une indication qu’il est sarcastique. Le sarcasme continue lorsque le comédien dit « mais ils ont raison. Comme ça si le terroriste, il vient pour mettre une bombe, il va dire ‘ah merde, il y a du Scotch. Je peux pas terroriser. » Le public rit car l’idée qu’ils (le gouvernement français) ont raison et que cette « mesure de sécurité » va empêcher les terroristes est absurde. De plus, les terroristes n’utilisent jamais le verbe « terroriser » lorsqu’ils décrivent leurs actes donc les justifications et la rhétorique des terroristes se réduisent au mot « terroriser. »
Elmaleh décrit un gouvernement français qui ne sait pas combattre intelligemment le terrorisme. Il imite le ministre de l’intérieur et la scène où il proposait la mesure de sécurité du Scotch. « Bon là les gars on va prendre des mesures un peu draconiennes. Ah je veux voir du scotch partout, moi OK ? Et s’il continue à faire les malins, on leur met du double face. » L’incongruité entre le Scotch et les mesures « draconiennes » donne l’image d’un gouvernement stupide. Elmaleh et les rires sont d’autres preuves que le public est d’accord avec lui.
Dans le stand-up, l’image d’un gouvernement qui malgré le grand plan Vigipirate, continue d’être perçu comme s’il ne faisait guère rien afin de combattre les menaces du terrorisme. Le sarcasme, l’absurdité et l’incongruité se mêlent pour créer une critique d’un des efforts contre le terrorisme en France et pour ridiculiser un plan sérieux. A la lumière des attentats récents en France, il faut se demander si ce spectacle était sorti en 2015, est-ce qu’on aurait entendu les rires si forts ? D’après les théories de Bergson, on peut dire qu’il serait plus difficile de rire car les émotions autour des attentats de 2015 sont fraiches dans la mémoire nationale. Même si les attentats de janvier et novembre 2015 sont 10 ans dans l’avenir pendant les séances de ce spectacle, le message d’un plan gouvernemental qui ne fait pas assez pour lutter contre le terrorisme reste à jour.
Dans un de ses stand-up, le comédien très célèbre Gad Elmaleh discute terrorisme et des mesures de sécurité mises en place par l’Hexagone. Elmaleh se moque de plusieurs sujets pendant ses spectacles et ils sont quelques fois scabreux. Dans le spectacle choisi qui s’appelle L’autre c’est moi, Elmaleh se penche surtout sur des choses quotidiennes qu’on rarement analyse. Dans le clip choisi, Elmaleh fait par exemple un commentaire sur un petit détail qu’il a remarqué dans un train. L’absurdité, les jeux de mot, le sarcasme et style du comédien se mélangent afin de critiquer les efforts du gouvernement français pour combattre le terrorisme. Pour comprendre cette blague, il faut connaître le plan gouvernemental dont il se moque.
L’origine du plan gouvernemental Vigipirate en France remonte à l’administration du Président Valéry Giscard d’Estaing en 1978 quand la France et l’Europe étaient confrontées aux menaces des organisations terroristes. Le plan a établi « un dispositif centralisé d’alerte permettant la mise en garde rapide au niveau local des autorités administratives, des chefs d’établissements publics et privés, ainsi que l’application par ceux-ci de mesures de vigilance appropriées. » Aujourd’hui, il y a deux niveaux : Vigilance et Alerte Attentat. Les mesures quotidiennes de niveau Vigilance se trouvent dans les lieux publics très fréquentés, dans les transports et les sites institutionnels. Ces mesures ne sont pas aussi visibles que celles du deuxième niveau. Depuis les attentats bouleversants du 13 novembre 2015, la France est sous le niveau Alerte Attentat.
Elmaleh critique le plan Vigipirate et surtout les mesures prises par le gouvernement français pour lutter contre le terrorisme en France. La diction des lignes est une nuance importante dans ce clip. Il utilise un ton sarcastique et des gestes pour ajouter des couches de sarcasme. Ces couches se mélangent afin de faire rire le public même s’il parle d’un sujet extrêmement violent et effrayant. Évident dans cette partie du spectacle où il se moque du mot Vigipirate, le rire est un outil pour mettre à l’aise le public tout en discutant de sujets sérieux.
Il est important de noter que le public sait qu’il regard un spectacle comique. Au début de cette blague, Elmaleh a l’air sérieux. « Bref, non dans le train il y a eu des problèmes aussi. Alors ils ont pris de mesures de sécurité : Vigipirate, tout ça. » A ce moment-là, les spectateurs ne rient pas, ils sont silencieux. Le manque d’humour dans ses premières paroles signifie une connaissance générale des menaces et des problèmes dont il parle. Un groupe armé qui s’appelait « AZF » a menacé d’attentats ciblant la SNCF à partir de décembre 2003 et les attentats terroristes du 11 septembre 2001 étaient toujours récents ainsi les soucis étaient dans les têtes des spectateurs. Selon les théories d’Henri Bergson qui a observé que le rire s’accompagne toujours d’une insensibilité, on peut dire que le public ne rit pas, parce qu’il a des émotions autour des inquiétudes du terrorisme. Avec les émotions, Elmaleh n’utilise aucunes méthodes pour susciter le rire mettent en avant par John Morreal : l’incongruité, l’absurdité et le soulagement. Cependant le silence ne reste pas longtemps car Elmaleh commence à se moquer du mot « Vigipirate. »
Avec des grands gestes et un ton de supériorité, Elmaleh se focalise sur la partie « pirate » du mot Vigipirate. En ricanant il dit « J’imagine un mec… » et il fait des gestes d’épée comme s’il était un pirate. Le silence n’existe plus grâce à l’absurdité. Le plan Vigipirate n’a aucune semblance aux pirates donc la comparaison entre un pirate et le plan Vigipirate est absurde même si les deux mots partagent un suffixe. En se moquant du nom du plan, la critique des mesures contre le terrorisme faites par le gouvernement français commence doucement.
Puis, au ton sérieux, Elmaleh dit « ils ont fait des nouveaux trucs, mesures de sécurité…quand tu prends le TGV, là où tu mettais tes bagages avant, maintenant il y a du Scotch. » Elmaleh utilise le sarcasme et l’incongruité dans cette partie de la blague. La phrase paraît sérieuse jusqu’au mot « Scotch. » La phrase devient sarcastique avec le mot « Scotch » car le public sait désormais que les « nouveaux trucs » dont Elmaleh parle ne sont pas menaçant pour les terroristes. Elmaleh reconnaît l’absurdité des « mesures de sécurité » dont il parle en disant « en France on va combattre le terrorisme avec du scotch. » Tandis qu’il parle dans une manière sérieuse, l’absurdité du « Scotch » donne au public une indication qu’il est sarcastique. Le sarcasme continue lorsque le comédien dit « mais ils ont raison. Comme ça si le terroriste, il vient pour mettre une bombe, il va dire ‘ah merde, il y a du Scotch. Je peux pas terroriser. » Le public rit car l’idée qu’ils (le gouvernement français) ont raison et que cette « mesure de sécurité » va empêcher les terroristes est absurde. De plus, les terroristes n’utilisent jamais le verbe « terroriser » lorsqu’ils décrivent leurs actes donc les justifications et la rhétorique des terroristes se réduisent au mot « terroriser. »
Elmaleh décrit un gouvernement français qui ne sait pas combattre intelligemment le terrorisme. Il imite le ministre de l’intérieur et la scène où il proposait la mesure de sécurité du Scotch. « Bon là les gars on va prendre des mesures un peu draconiennes. Ah je veux voir du scotch partout, moi OK ? Et s’il continue à faire les malins, on leur met du double face. » L’incongruité entre le Scotch et les mesures « draconiennes » donne l’image d’un gouvernement stupide. Elmaleh et les rires sont d’autres preuves que le public est d’accord avec lui.
Dans le stand-up, l’image d’un gouvernement qui malgré le grand plan Vigipirate, continue d’être perçu comme s’il ne faisait guère rien afin de combattre les menaces du terrorisme. Le sarcasme, l’absurdité et l’incongruité se mêlent pour créer une critique d’un des efforts contre le terrorisme en France et pour ridiculiser un plan sérieux. A la lumière des attentats récents en France, il faut se demander si ce spectacle était sorti en 2015, est-ce qu’on aurait entendu les rires si forts ? D’après les théories de Bergson, on peut dire qu’il serait plus difficile de rire car les émotions autour des attentats de 2015 sont fraiches dans la mémoire nationale. Même si les attentats de janvier et novembre 2015 sont 10 ans dans l’avenir pendant les séances de ce spectacle, le message d’un plan gouvernemental qui ne fait pas assez pour lutter contre le terrorisme reste à jour.
Creator
Elmaleh, Gad
Source
L'autre c'est moi - Spectacle de 2005
Date
2005
Original Format
Spectacle live.
Duration
1:40 min
Transcription
Bref, non dans le train il y a eu des problèmes aussi. Alors ils ont pris de mesures de sécurité : vigipirate, tout ça. Rien que ce mot vigipirate il est le bien. Vigipirate, j’imagine le mec… Attention vigipirate ô là là. Vigipirate. Et le mot il est rentré tu sais dans la langue comique. Ouias tu comprends vigipirate et tout. Ils ont fait des nouveaux trucs, mesures de sécurité. J’sais pas si vous avez remarqué dans le TGV. Quand tu prends le TGV, là où tu mettais tes bagages avant, maintenant il y a du scotch. Sérieux ? En France, on va combattre le terrorisme avec du scotch ouais ? Mais ils ont raison. Comme ça si on terroriste il vient pour mettre une bombe, il va dire « ahhh merde, il y a du scotch. Je peux pas terroriser. » bah j’aurais aimé être là la jour de la réunion au ministre de l’intérieur quand le mec il a dit « bon là les gars on va prendre des mesures un peu draconiennes. Ah je veux voir du scotch partout, moi ehm OK ? » Et s’il continue à faire les malins, on leur met du double face. » Sérieux. Ça fait peur.
Collection
Citation
Elmaleh, Gad, “Extrait stand-up de Gad Elmaleh,” French contemporaine et humour (1939-2016), accessed April 24, 2026, https://frenchhumor.fren.sites.carleton.edu/items/show/35.
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